REBELLION - REGIME DEBY, L’HEURE DE LA VERITE APPROCHE
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De part et d’autre, on nettoie et affûte les armes, on peaufine les plans tactiques et les ordres de bataille, on réorganise et renforce la logistique, on procède à des répétitions de manœuvres et on passe les troupes en revue. Ainsi, le Gouvernement et l’Union des Forces de la Résistance (UFR), chacun pour soi, effectuent les réglages indispensables avant le jour J que chacun attend sans en connaître la date, sans même être sûr et certain qu’il y en aurait un. Il est toujours de bonne sagesse de ne point ignorer les imprévus et les retournements de situation en politique. Mais, une très forte probabilité et une croyance justifiée suffisent pour émettre un point de vue. Du côté Ndjaména, c’est la défensive et on attend prêt à recevoir - bien que le cœur n’y est pas - ces hôtes que l’on a jamais invités à un « dîner » quelconque. En face, c’est l’offensive qui est privilégiée, et l’on semble ronger son frein. L’enjeu de ces nouvelles retrouvailles, pas confraternelles du tout, s’avère d’une telle gravité que les deux camps sont résolus à ne faire aucune concession. Dans cet esprit, on a estimé devoir faire les choses en grand et en beaucoup plus sérieux qu’auparavant. D’un côté comme de l’autre, les effectifs en ligne de front et à l’arrière ainsi que les moyens logistiques connaissent un net accroissement. Les services de renseignements français qui suivent l’évolution de la situation sur champ, à la manière de surveiller une marmite sur un foyer ardent, confirment ces informations tout comme les déclarations émanant des officiels de Ndjaména et celles émises par des personnalités autorisées de l’Opposition armée. Quant à la Rébellion, jamais elle n’a pu se donner autant d’atouts que dans la situation présente. En effet, et c’est le plus important, elle a enfin réussi à dompter les démons de la désunion en fédérant les différents mouvements politico-militaires, et partant, se doter d’une structure de commandement unique qu’exprime l’Union des Forces de la Résistance (UFR) avec à sa tête Timan Erdimi, un homme pour qui Deby n’aurait pas de secret et qui, dit-on, peut compter sur la fidélité de cellules dormantes dans le saint des saints à Ndjamena. Manifestement, l’UFR semble faire preuve de cohésion et d’autorité, et en tout cas un nouvel élan est donné à la Rébellion. Chose essentielle, la jeune Organisation bénéficie du soutien enthousiaste et engagé de la base, c’est-à-dire, pratiquement tous les Combattants sans distinction de leurs groupes d’origine constitutifs de l’Union des Forces de la Résistance. Si cette dernière n’a ni bombardiers, ni hélicoptères, ni chars, elle dispose en contrepartie de quoi pulvériser ces engins au moyen de ses SAM, MILAN et autres bijoux de nouvelle génération. Au moment où les puissances néocolonialistes menacent dangereusement et le régime d’Oumar Al-Béchir et l’unité du Soudan, et ce, par tous les moyens y compris l’instrumentalisation de Deby et ses Darfouri du MJE, le pouvoir soudanais ne peut faire moins en faveur de ses alliés objectifs tchadiens. Et, il est évident que, dans ce moment historique où la LIBERTE des Tchadiens est piétinée, l’UNITE des Soudanais est gravement menacée, la Rébellion tchadienne et le Régime soudanais ont besoin du soutien de l’un l’autre et ne doivent pas ne pas s’entraider. Il s’agit là de part et d’autre, d’une exigence morale et politique, d’un engagement qui relève d’une vision stratégique des relations Tchad-Soudan. Résumons : Deby dispose de matériels militaires surabondants, peut aligner des effectifs bien plus nombreux que ceux d’en face, fantasmer au sujet de ses mercenaires, de ses soutiens français et libyens. La Rébellion, quant à elle, peut compter sur une supériorité morale incontestable et sur une ardeur combative élevée. Toutes choses, par ailleurs, considérées à juste titre, le facteur humain va peser lourd dans la balance, et il devrait marquer la différence. Il va sans dire qu’à cet effet, l’UFR ne va sûrement pas négliger une bonne tactique, souple et variable qui s’adapte facilement et au plus près aux imprévus, aux fluctuations, aux manœuvres adverses, une grande mobilité qui crée l’improvisation et la confusion dans les rangs opposés. Pour conclure, disons clairement qu’un duel d’enfer se prépare, que le choc promet d’être terrible et terrifiant. Et, dans ce genre de situation le vainqueur n’est jamais connu d’avance, à moins de vouloir porter la tunique du « diseur d’avenir », à l’instar du marabout du coin. Cependant, sur la base des données ci-dessus exposées, il est permis d’avancer que la Rébellion tient le bon bout, affiche des atouts d’ordre humain décisifs pour l’emporter sur la soldatesque debyenne, pourvu que l’UFR parvienne à exploiter du mieux qui se peut les possibilités qu’offre son potentiel humain riche et puissant. Pourvu également qu’un deal traître, conclu sur le dos de l’opposition politico-militaire, entre les acteurs du trio calamiteux France-Libye-Soudan, ne vienne bouleverser les paramètres actuels de la situation. Surtout que des pourparlers franco-soudanais, à un niveau très élevé, se déroulent cette semaine à Paris. Selon des indiscrétions, la situation au Tchad et au Darfour figurerait en tête de l’ordre du jour des discussions… Alors, qu’en est-il ? |





