<<Mon ambition est de rejoindre les forces démocratiques pour préserver les acquis de la démocratie. Comme dirait quelqu’un : je ne connais pas de paix tant que mes ambitions et mes convictions s’endorment>>.

Ahmat Hassaballah Soubiane en exclusivité sur ialtchad presse.

Idriss Deby a hésité longtemps avant de mettre fin à la mission de Ahmat Hassaballah Soubiane comme ambassadeur  extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad aux USA. Depuis la semaine dernière c’est fait.AHS est relevé de ses fonctions.les sanctions était prévisibles depuis la publication de la lettre de Soubiane. Mais pour ce dernier attendu par la presse, l’occasion ou jamais de parler et exprimer une position. Ialtchad presse lui a posé quelques questions.

Albouggui. A /Ialtchad Presse.

 

 

 

Ialtchad presse : Comment expliquez vous cette prise de décision du président  Idriss Deby

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Sur le plan de l’exercice des fonctions et des rouages d’un état, une décision de rappel ou de relève est  chose presque réglementaire. Un appel pour consultation aurait été la procédure adaptée dans un premier temps avant toute prise de décision. Cependant à l’observation de l’intention et de la tournure empruntée liée à ma lettre, elle n’est qu’une attitude qui ne donne pas confiance à ceux qui ont cru à la démocratie. D’ailleurs, elle démontre à suffisance la contradiction au sein du parti et sape l’enthousiasme et les aspirations du peuple tchadien à la paix, la dignité, les droits de l’homme et le développement socio économique durable.

 

Ialtchad presse : Qu’allez-vous faire ? Rentrer ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

 A N’djamena on me poserait inversement la question !qu’allez vous faire ?sortir ? Non, je crois que nous devons laisser le temps faire. Ce n’est pas si Soubiane dérange de l’extérieur que une fois à l’intérieur il va se taire……

 

Ialtchad presse : Êtes-vous un opposant ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Un opposant à qui et à quoi ? Ne diabolisons pas les autres, je suis un tchadien comme ceux de l’intérieur et de l’extérieur qui exprime son point de vue dans un pays de droit si j’ose dire. Toutes fois si ma position d’hier et d’aujourd’hui devrait faire de moi l’opposant avec grand O, je porterai haut ce titre et ca sera tant mieux pour l’intransigeance républicaine pour l’alternance, la démocratie, le développement et les droits de l’homme.

 

Ialtchad presse : C’est un nouveau concept ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Non, pas du tout. C’est la notion de respect à la république prise dans ces différentes caractéristiques de droit, d’état, de nation, du citoyen, de politique, d’armer, de constitution, d’institutions, de souveraineté ,de culture…….ce à quoi nous aspirons. Puisque après tout nos querelles ne viennent elles pas de nos faiblesses visibles ? Regarder autour de nous, le langage est différent dans nombre de pays. Aujourd’hui les gens s’occupent plutôt à l’animation de la république. Alors que nous œuvrons dans la voie de renversement des valeurs, du népotisme à outrance, du flagrant délit permanent, du pillage des biens publics, de gaspillages archaïques, de mascarades, de manipulation, de frustrations, de l’humiliation, de l’exclusion, et la perte de confiance…etc. Nous devons au contraire nous atteler à la conception et l’établissement d’un état démocratique qui réuni toutes les conditions de paix, de prospérité et de bien être humain. Nous avons tous les atouts et devons maximiser ces avantages. Sur le plan économique, je me réserve d’avancer des chiffres et de pourcentages, mais il y a pas mal de contradiction avec la réalité sur le terrain. Là aussi je vous renvoi à un constat de Someni Sengupta de New York times entre autres. Où en sommes-nous au moment ou les pays africains mettent déjà un mécanisme de contrôle de la bonne gouvernance, à la fois politique et économique, dans le cadre du Nepad.

 

Ialtchad presse : Êtes-vous ambitieux ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Mon ambition est de rejoindre les forces démocratiques pour préserver les acquis de la démocratie. Comme dirait quelqu’un : je ne connais pas de paix tant que mes ambitions et mes convictions s’endorment.

 

Ialtchad presse : Pourquoi n’avez-vous pas démissionné ou n’êtes vous pas écarté de Deby assez tôt ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

La question est intéressante et explique en même temps mon désir à la participation à la gestion  de l’état et mon souhait de partager avec des hommes ma contribution et des expériences. L’état tchadien n’est pas une propriété é de quelqu’un. Tout tchadien cadre a besoin d’exercer un devoir sans fuite de responsabilité. Maintenant l’exemple est là .Exprimer ses idées quand ca ne marche pas. C’est ce que je manifeste. Je peux me tromper aussi ! La démission est une forme d’expression aussi mais passive. Je préfère plutôt être de mission.

 

Ialtchad presse : Que pensent vos camarades du parti ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

J’admire le courage de tout un chacun dans le silence et la sérénité.

 

Ialtchad presse : On dit que vous vous êtes rendu au Soudan et en France ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Le problème n’est ni au Soudan, ni en France moins encore en libye.il est, cette foi-ci au Tchad. C’est un débat qui s’articule autour de la constitution et contient les vrais aspirations des tchadiens.je ne pense pas opportun de le déplacer ailleurs. Focalisons nos efforts et trouvons des solutions sensibles.

 

Ialtchad presse : Quels sont vos rapports avec l’opposition démocratique ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

L’essentiel nous uni avec l’opposition démocratique, la société civile et beaucoup des potentialités politiques et sociales. Il s’agit de la valeur de la vie humaine, le respect des biens communs, de la capacité d’être au service de la collectivité etc. Faire fi de ce courant incontournable dans sa diversité, c’est prêcher dans le rêve des utopistes. Nous avons de bons rapports.

 

Ialtchad presse : Que pensez-vous de la presse tchadienne ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Elle aura le mérite d’avoir résisté, defié, denoncé, désamorcé, provoqué, bref informé. C’est de loin plus risqué qu’une lutte à main armée.

 

Ialtchad presse : Vous demandez le respect de la constitution pour que l’alternance devienne réalité au Tchad au plus tard en 2006, pensez vous qu’une alternance est possible avec le clan et son armée que vous connaissez bien.

Ahmat Hassaballah Soubiane :

C’est une question qui est inscrite dans les débats des acteurs politiques de la vie nationale. Mais dites-vous bien que le processus ne sera pas facile avec la configuration actuelle du pouvoir. Je vous renvoie à un des vos articles sur le net, sur l’armée. Toutes la question de nos militaires est là, des hommes et des femmes valides, fiers et expérimentés croupissent sous les arbres des camps, regardent jalousement et avec mépris l’arrogance et l’absurdité. Vous touchez à une question sensible, de sa solution dépendra l’avenir de notre pays. Vous comprenez donc qu’une alternance sous ces aspects serait un non-sens.

 

Ialtchad presse : Et si le président Deby renonce d’amender l’article 61 de la constitution ?

Ahmat Hassaballah Soubiane :

Il aura rempli ses obligations vis-à-vis du peuple tchadien à qui il a répété à maintes reprises qu’il allait se retirer avec élégance à la fin de son dernier mandat .Ceci aura justifié l’avènement de la démocratie au Tchad.

Interview réalisé par

Albouggui. A /Ialtchad Presse.

 


Par Aboud Charara
Lundi 6 avril 1 06 /04 /Avr 16:59
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